Em'sthek, l'art du massage manuel
  • Par Isabelle Louet
  • Posté le 28 aout 2017

Em'sthek, l'art du massage manuel

Dans son institut à Sainte-Gemmes-sur-Loire, Emma, 39 ans, est heureuse. « Dès que je l’ai vu, j’ai eu le coup de foudre. Je savais exactement comment je le décorerais. » Elle a dû pourtant attendre un an avant de pouvoir s’y installer. Depuis, la clientèle, tant féminine que masculine, est au rendez-vous. Au point qu’elle réfléchit déjà à former une esthéticienne à ses méthodes de massage. Une tâche difficile, car la plupart ne répondent à aucun protocole spécifique. « Chaque massage est unique car chaque client est unique, explique-t-elle. Je suis dans l’intuitif, je me mets à l’écoute du corps et, après, j’agis et je donne. »
 
Un parcours semé d’embûches

 L’art du massage, Emma l’a acquis en se formant via des organismes spécialisés comme l’école Dominique Renon à Angers, condition sine qua non pour exercer en France. « En fait, je suis doublement diplômée, souligne-t-elle en souriant, car faute d’obtenir une reconnaissance de mon diplôme africain, j’ai dû tout repasser. Elle repasse CAP et BP. Rien ne l’arrête. Pourtant, de nombreuses portes se ferment quand elle se présente pour des stages. « Les instituts me répondaient que les clients étaient réticents à se faire soigner par une femme noire », se rappelle-t-elle avec amertume. Le rectorat lui souffle alors la solution : devenir son propre patron en s’installant en micro-entrepreneur. La jeune femme installe un salon dans sa maison, effectue des visites à domicile, se rend dans les maisons de retraite. La qualité de ses messages se propage rapidement. Une belle revanche et un succès peu surprenant pour ceux qui la connaissent. 

Tradition et art ancestral 

 Et des massages, Emma en connaît depuis sa plus tendre enfance. « Petite, au Bénin, je regardais ma mère masser les femmes du village. C’est une tradition dans mon pays. Pour soulager les douleurs post-accouchement et se remettre plus rapidement, elles font appel aux femmes “qui ont la main”. Ma mère l’avait, tout comme ma grand-mère, mon arrière-grand-mère… et moi. » . À 17 ans, Emma s’engage comme bénévole à Unicef, tout en suivant des études de marketing et de compatibilité. Diplômes en poche, elle quitte son village pour Cotonou, la capitale. Elle y travaille pour des marques comme Dark and Lovely ou Herbalife. « J’adorais mon job, raconte-t-elle. Je partais au Ghana, en Afrique du Sud… » 

Et puis, en 2007, tout bascule. « J’ai commencé à masser le dos, les épaules de mes collègues au travail. Juste pour leur enlever leurs tensions… Les mouvements se sont imposés. De manière tout à fait intuitive. » Ses collègues lui répètent sans cesse « Tu as la main, c’est un don, exploite-le ». Ces expériences jettent un trouble dans l’esprit d’Emma qui se rend compte que cela lui plaît ! Elle lâche tout, ouvre un institut de beauté à Cotonou avec une esthéticienne, s’inscrit à des cours par correspondance pour décrocher son diplôme d’esthéticienne. Pari réussi, le salon ne désemplit pas. Mais le bonheur la rattrape et, du jour au lendemain, elle quitte son pays pour suivre son compagnon, gérant d’entreprise en France. Une fois encore, elle repart à zéro. Sans la moindre hésitation. Aujourd’hui, dix ans plus tard, entre ses deux enfants, son mari et son institut, situé à deux pas de chez elle, Emma est heureuse. Un bonheur qu’elle partage tous les jours avec ses clients. 
 

 


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